EDITORIAL : Juin 2013

Pardonnez nous Seigneur...

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Les jours  des Pardons ont sonné, ces jours où le sacré va se mélanger aux profanes, ces jours où se célèbre l'eucharistie dans l'odeur des grillades et des flon-flons d'accordéons, moments de liesse populaire sur les quais et dans les gares d'eaux de nos canaux...(lire la suite)

  Les pardons se succèdent ici et là, défilés aux monuments aux morts, discours de circonstance, moments de recueillement, concours de pavoisement qui mettent en valeur les bateaux et la messe est dite pour une année par des aumôniers désabusés par le manque de foi générale, crise des générations oblige, où seuls les anciens tiennent encore à la préservation des traditions, constat amer d'un monde qui se perd et s'égare dans une nébuleuse de réseaux sociaux qui ne sont que des boîtes de pandores vides de sens.

Des pardons, j'en ai vécu mais celui de 2010 reste à jamais comme le Pardon des assassins,  je vois et j'entends encore la colère du Père Arthur, ce révolté de la bonté, s'indignant face à des grévistes lui faisant un bras d'honneur rayant par leur attitude, le sens même du mot Pardon, qui est le seul et unique moment de communion entre les gens de l'eau et ceux de la terre, ces grévistes qui dans leur grande majorité se battent pour conserver et faire perdurer un métier qui part à vaux l'eau, ces hommes et ces femmes, mariniers d'exception, honnêtes et dignes gens qui se font manipuler par une minorité d'imbéciles dont les seuls intérêts sont d'éliminer les plus petits, les plus fragiles à des fins purement mercantiles sans oublier le mélange des genres en matière de mandat chez les uns et les autres !!!... 

Nos Pardons se doivent être encore et toujours des rassemblements festifs, des rassemblements autour d'une cause commune, autour et pour une profession qui voit réduire ses effectifs d'année en année, ces bateliers qui sont une multitude de familles, de clans portant haut les traditions et les valeurs, ne doivent pas laisser la place à des marchands du temple.

Les Pardons sont à l'image d'un équipage qui est une collectivité humaine, avec ses grandeurs, ses états d'âmes, ses doutes et ses faiblesses, mais qui est avant tout une fabuleuse aventure humaniste que fait perdurer nos compagnons de navigation.

Pour conclure cet éditorial, je cite Sacha Guitry:

" On se souvient toujours si mal de ceux qui vous font du bien"

            Marc debeer - Capitaine de Fleuves et Canaux Marine.               

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